Artiste : ParabellumAlbum : Panem, circenses & rock'n'roll
Année : 2005
Tracklist :
1. Latin rock'n'roll
2. Comme un chien en laisse
3. Une trace ailleurs
4. Pogo machine
5. T'as vu le mec?
6. Qui sont les truands?
7. Chaud les barons!
8. Schultz's samba
9. A ta place
10. C'est tout c'qu'on mérite (houba ha!)
11. Le club des sales rêveurs
12. J'y suis, j'y reste
13. Panem, circenses & rock'n'roll
14. Holidays in the sun (texas farmer remix)
Line-up :
Schultz : chant/guitare
Sven : guitare
Stéphane Zena : basse
Xavier Mesa : batterie
Chronique :
Est-ce vraiment utile de présenter Parabellum? Rescapés du Punk Rock alterno français des 80's. Parabellum se forme en 1984 sur les marche d'une ANPE parisienne. Le temps de vriller les tympans du public francophone avec ses hymnes punk rock en français "Cayenne", "la bombe et moi" ou encore "Saturnin", ils jetterons l'éponge une première fois en 1991 pour reprendre de plus belle en 1998. Les seuls membres d'origine de la bande sont actuellement Sven et Shultz après le décès de Philippe « La Pieuvre » Leffray en 2000.
"Et un de plus" comme dirait l'autre. Parabellum a pris l'habitude de nous servir tous les 3 ans une nouvelle galette depuis leur reformation, avec cette régularité métronomique. Avec le timbre rocailleux typiquement Rock'n'Roll de Shultz, on pourrait rapprocher Parabellum à Motörhead. En effet, à l'instar de la bande à Lemmy, la bande à Shultz nous assène à chacune de ses livraisons une petite leçon de Rock'n'roll sans vraiment faire avancer le Schmilblick mais en apportant quelques petites nouveautés çà et là. Mais la comparaison entre ces deux dinosaures du punk rock ne s'étendra pas plus loin.
De par le titre de la galette et sa pochette, Parabellum cherche à donner une grandeur épique et historique au Rock'n'roll, sans jamais bien sur se prendre au sérieux (la discussion sur le titre du disque dans l'intro "Latin rock'n'roll"). Ben quoi? Qu'est ce que vous croyiez? Le Rock'n'roll, c'est faire de la musique électrique sérieusement sans jamais se prendre au sérieux.
Au programme, un album homogène aux mélodies accrocheuses avec une production très actuel malgré une succession d'items désuets. C'est effectivement un rock d'un autre temps, émaillé de gimmicks que ne renieraient pas les pionniers du genres des années 50 ("A ta place" avec ses claps). Sauf qu'avec Para, le potard de disto est sur 11. Et les textes argotiques récités avec la gouaille parigote d'un Shultz rigolard et quelque fois sarcastique apporte un charme fou et un côté presque poétique à l'ensemble.
Parabellum a toujours eu le secret de la mélodie qui fout la pêche simple et entraînante ("Comme un chien en laisse", "Qui sont les truands?"), que certains chroniqueurs qualifieront de "catchy" mais avec Parabellum on comprend rien au rosebeef, on garde ce côté franchouillard tout en le critiquant ("T'as vu le mec?"). Quand le tempo s'accélère, l'aggressivité se trouve augmentée mais reste toujours accueillante, communicative et revendicative (les excellents "Pogo machine" et "J'y suis, j'y reste" les 2 perles du skeud). Vous l'avez surement compris, on a affaire à du rock de prolo, cette revendication est autant mise en abîme par des structures simples, des textes qui demandent pas pardon et quelques chroniques du quotidiens cyniques ("une trace ailleurs", "A ta place", "T'as vu le mec?").
Rockers, certes mais pas insensibles, Shultz nous sort sa guitare sèche le temps d'une petite ballade tristoune (Le club des sales rêveurs). Ca pourrait surprendre mais la chanson ne fait pas "cheveux sur la soupe", car il nous reste toujours le timbre éraillé de Shultz, et de toute façon Parabellum n'a jamais fait de la soupe. La bande varie les plaisirs en enrichissant son rock de percus et chœurs presque vaudou sur le refrain de "C'est tout c'qu'on mérite (houba ha!)", ou alors en reprenant "Holiday in the sun" des Sex Pistols en mode country pour clore le disque, hilarant mais surtout bien vu et bien arrangé. L'instru "Panem, circenses & rock'n'roll" qui précède la reprise est un petit bijou dansant aux gimmicks irresistibles.
"Là, j'y suis, Là J'y reste" scandé en guise de refrain sur la chanson du même nom, résumera assez bien l'attitude et la musique de Para : Rock'n'roll jusqu'à la mort avec une personnalité qui leur est propre. Et un album de Para en plus dans mon étagère à skeuds! avec son lot de petites perles et le même rock'n'roll keupon que sur l'album précédent, que voulez vous? Aimerions nous autant Shultz et sa bande s'ils n'avaient pas cette constance et cet amour du rock'n'roll? On regrettera cependant les tentatives humoristiques sur l'intro "Latin rock'n'roll", "Schultz's samba" ou encore le bonus track, où on entend simplement les mélodies de l'album (et aussi celle de Cayenne) jouées par un clavier bontempi en mode samba le tout pendant qu'on entend des discussions du groupe sans grand intérêt.
Malgré ces petits remplissages nous avons à faire à un bon album à écouter le matin pour être de bonne humeur.
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