jeudi 29 août 2013

Forbidden - Green (1997)

Artiste : Forbidden
Album : Green
Année : 1997
Tracklist :
1. What Is the Last Time?
2. Green
3. Phat
4. Turns to Rage
5. Face down Heroes
6. Over the Middle
7. Kanaworms
8. Noncent$
9. Blank
10. Focus






Line-up :
Russ Anderson : chant
Tim Calvert : guitare
Craig Locicero : guitare
Matt Camacho : basse
Steve Jacobs : batterie

Chronique : 

Forbidden, anciennement Forbidden Evil, est une formation culte thrash de la non moins légendaire Bay Area. Formé en 1988 au moment de la déferlente thrash emmenée par Metallica (d'ailleurs c'est l'année de la sortie de son album culte ..and justice for all). Forbidden a vu passer en son sein quelques stars du genre comme Paul Bostaph (largement reconnu pour sa participation aux albums de Slayer dans les 90's), et plus récemment Gene Olgan (Strapping Young Lad, Fear Factory et les légendaires Death). Le groupe jette l'éponge en 1997 après la sortie de l'album qui nous intéresse ici mais se reformera en 2007, avec un retour aux sources vers le thrash 80 à la limite du progressif.

Forbidden est connu pour être une formation thash traditionnel de la Bay Area. Avec Green, avant de se séparer une première fois, le groupe tente autre chose en s'orientant vers un groove-metal/hardcore, très en vogue à l'époque, dans la lignée de Machine Head (période Burn My Eyes), Sepultura (période Chaos A.D-Roots) et Pantera. Et c'est là que le bas blesse, en effet, les fans de Forbidden ne semblent guère apprécier le virage à la limite du nu-metal pris avec Green. Cet album est alors mis au ban par des fans déçus et le groupe fraichement reformé aujourd'hui oublie complètement cet album sur scène. Et pourtant, Green regorge de surprises et d'idées plutôt innovantes et est d'une efficacité redoutable pour tout amateur de groove rentre dedans.

Green, comme sa pochette le laisse présager, tourne autour de la thématique de l'argent, des dérèglements dans la société américaine qu'elle cause.

L'entrée en matière se fait sur "What Is the Last Time?" pesant et aérien, la voix claire nasillarde de Russ Anderson nous caresse, avant de se durcir quand l'instru lui laisse la place, cette chanson introductive nous berce avant que le reste vienne nous secouer. Un lointain clavier y soutient les guitares lourdes et sous accordées. C'est sur le 2ème titre "Green" que ça s'envenime en dépit d'un petit arpège inquiétant en guise d'intro. Toute guitare dehors et chant sur le fil, le relief est le maître mot ici, l'intensité varie selon le fameux "intro-couplet-refrain-couplet-refrain-pont/solo-refrain". C'est simple ça marche, les riffs aussi affichent cette simplicité mais la mise en place toujours astucieuse ajoute en subtilité. Le relief est surtout dûe à l'explosion en violence des refrains par rapport au couplet : l'excellent refrain scandé à la hardcore de "Phat", l'alternance couplet arpégé/chant clair et refrain lourd dans "Turns to Rage". "Turns to rage" donne aussi l'occasion à Russ Anderson de nous faire admirer sa palette vocale avec une pattonnerie dantesque accompagnée par  et des guitare sous effets lors de l'outro. Chaque accalmie n'a pour fonction que pour faire attendre ce déferlement, "Face down Heroes", en est un parfait exemple.
 Violence, vous avez dit violence? "Over the middle" vous attrape vous secoue, vous frappe, vous répète qu'elle pas contente, et quand elle ralentit c'est pour que les coups soient plus fort. "You thought about a hit?", nous demande le sample introductif, la réponse est "dans ta gueule".

Le travail de studio de production est léché, malgré le fait que l'album soit sur un tout petit label. Les transitions entre les morceaux apporte ce sentiment de bordel parfaitement maîtrisé : les échos à la fin de "What Is the Last Time?" avant l'arpège d'intro de "Green", le click strident qui donne le tempo de "Face down Heroes" qui donne une couleur indus presque martiale au morceau.
Malgré sa discrétion, car cachée derrière un mur de guitares saturées sous accordées couvrant tout le spectre, la batterie n'est pas en reste et semble jouer beaucoup su les toms basses pour créer ce sentiment d'attente ("Green", "Kanaworms", "Noncent$") avant la tempête. La double pédale n'est utilisée qu'avec parcimonie. Sa rigueur métronomique et ses paterns créatifs donne la liberté aux guitares d'introduire un peu de chaos : larsen, solo out et interventions suraiguës.

Le metal voulu par Forbidden reste assez accessible, avec des refrains putain de catchy ("Turns to Rage", "Kanaworms", "Noncent$", "Face down Heroes"), tout en gardant sa férocité. Certaines répétitions sont à regretter. La ressemblance entre "Green" et "Noncent$", et l'homogénéité du son peut laisser poindre un certain ennui, mais c'est sans compter sur la pseudo ballade "Blank". Cette chanson pourrait faire office de single radio un peu sale et comporte sa lueur d'espoir dans le pont libérateur et métallique. Encore une fois Russ Anderson nous montre toute son étendue vocale. Pour finir sur une note vener, "Focus" nous donne un parfait résumé de l'album qu'on vient d'écouter : accrocheur, groove, et mélodique, une guitare seche vient même montrer le bout de son nez dans l'intro pour une très courte phase presque arabisante.

La vélocité de leur thrash d'antan a laissé place à une fougue moins codifiées mais complètement jubilatoire où la folie devient palpable.

Un album mal aimé mais clairement convaincant



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